Avancée belge contre l’antibiorésistance
22 août 2025

Des chercheurs belges ouvrent la voie à de futurs antibiotiques...

Des chercheurs belges ouvrent la voie à de futurs antibiotiques...>

Depuis plus de vingt ans, le chercheur belge Jean-François Collet et son équipe de l’UCLouvain se penchent sur un problème de santé majeur : la résistance des bactéries aux antibiotiques. Leur dernière découverte, publiée dans Nature Microbiology, pourrait bien changer la donne.

Jusqu’ici, on pensait que les bactéries tenaient surtout grâce à une couche appelée « peptidoglycane », jouant le rôle de squelette. Mais les scientifiques viennent de montrer que, pour la moitié des bactéries connues, ce n’est pas une seule couche qui compte, mais bien trois couches protectrices travaillant ensemble.

Cette sorte de « château fort à trois murs » permet aux bactéries de bloquer les antibiotiques et de mieux s’adapter à leur environnement. Résultat : elles deviennent plus difficiles à éliminer.

Les recherches se sont concentrées sur Escherichia coli, une bactérie très répandue, parfois inoffensive, mais aussi capable de provoquer de graves intoxications alimentaires. En juin dernier, elle a été à l’origine de plusieurs cas graves en France, dont un décès.

Comprendre ce mécanisme est une étape clé : c’est en sachant comment les bactéries se défendent qu’on pourra concevoir de nouvelles armes pour les combattre. Désormais, les chercheurs cherchent à développer des molécules capables de franchir ces « trois lignes de défense ».

Mais la route sera longue : créer un nouvel antibiotique prend entre dix et quinze ans, et sur des centaines de molécules testées, seules quelques-unes arrivent réellement sur le marché.

Et même avec de nouveaux traitements, la victoire ne sera jamais définitive. Comme le souligne le Pr Collet, les bactéries trouvent toujours des moyens de résister, c’est inscrit dans leur nature.

L’Organisation mondiale de la Santé alerte : si rien ne change, d’ici 2050, les bactéries résistantes pourraient tuer plus que le cancer. La perspective est inquiétante : des opérations courantes, comme le remplacement d’une hanche, pourraient redevenir mortelles à cause d’infections incontrôlables.

Sans nouveaux antibiotiques, la médecine moderne risque de faire un bond en arrière, vers une époque où une simple infection pouvait tuer.

Lire l’article complet de Caroline Desorbay.

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